samedi 19 mars 2016

Une mort désirée

Dans le soleil du jour
tu ne vois pas s'élever
le souffle de l'amour
qui t'était professé
mais seulement pousser
le blé noir de la peine
que tu n'as pas semé
Et coule dans tes veines
un sang empoisonné

Non il n'est rien de pire
que cette cruauté
qui te laisse hors d'haleine
avant même d'expirer
qui t'enjoint de dormir
dans un berceau de haine
et de te réveiller
au milieu d'un charnier

Et puis qui abandonne
comme des caillots crachés
dans le feu de ton cri
les nacres de la vie
ta plus grande bonté
le meilleur que tu donnes
ce pourquoi tu es née

Dans le soleil du jour
-Entends ! Le glas sonne
mais ce n'est pas celui
de l'amour en personne
-ne sois pas endeuillée !-
C'est simplement celui
des mots qui l'ont trahi

Mariée, lâche ta traîne
cours où la vie t'emmène
où bat ton cœur tu peux partir
là où ta voix résonne
oui, tu dois t'en aller


lundi 7 mars 2016

Un ciel illusoire

Tu ne peux pas aimer la vie
Tu ne peux pas trouver la paix
Celui qui t'a touchée a détruit
Le chemin même qui y menait
De loin les anges te sourient
Et si, et si tu t'envolais ?

Les bonnes âmes que voici
T'abjurent: et si tu pardonnais
N'entendent-elles pas qu'il t'avilit
Que ce lien doit être défait
Se croient-elles donc au paradis
Et si, et si elles se trompaient ?

Et cela que tu as appris
Cela que tu sais être vrai
Ces mots qui ne peuvent être dits
Et qui seuls te libéreraient
Au nom du ciel sont interdits
Mais un tel ciel qui en voudrait
S'il faut le payer un tel prix ?
Et si, et si il ne l'était ?

samedi 5 mars 2016

En un seul coeur

Alors tous les esprits rassemblés
celui des arbre
celui du vent
celui des nuages
ceux des villes et des maisons
celui des hommes
et de la divinité
d'un seul cœur
dans le mien ont parlé

Ce que tu fais
si tu ne le fais pas
qui le fera ?

Ce que tu dis
si tu ne le dis pas
qui le dira ?

Ce que tu es
si tu ne l'es pas
qui le sera ?

mardi 1 mars 2016

L'effacement

Tu t'étais réfugiée dans la nuit
et chaque fois que la lumière d'une torche s'y dirigeait
pour t'y retrouver
tu t'y enfonçais un peu plus.

C'est que
la lumière aurait révélé ce que tu ne voulais pas voir de lui
et que
jusque-là
tu avais habillé de ton propre regard.

Le visage de l'homme que tu avais dessiné
n'avait de ses traits
que ceux que ton pinceau avait bien voulu relever,
noyant ses tranchants impitoyables dans le flou de l'aquarelle.

Et chaque jour
l'homme ressemblait un peu moins à ce portrait.

Alors
tu l'avais retouché encore et encore
jusqu'à qu'il n'en reste qu'un tracé si vague
qu'on ne l'y reconnaissait plus.

Et puis
quand son visage avait fini de s'estomper sur le tableau
et que tu n'avais plus eu
en face de toi
que celui de l'homme de chair et d'os,
ce sont tes yeux
qu'il t'avait fallu voiler,
un peu plus chaque jour,
d'un tissu toujours plus épais.

Et tandis que la nuit de ton regard l'engloutissait
c'était maintenant
ton propre visage
qui y disparaissait.

Tu t'es réfugiée dans la nuit.
Puisses-tu enfin t'y révéler.


lundi 18 janvier 2016

Les mots de rien

Mon ami
-proche ou lointain-
je ne sais pas
ce que tu vis.

Alors je voudrais que se taisent
les mots qui chantent
-si jolis-
ces mots que l'on a mis à prix
-celui-là, non !
celui-là, oui !-
pour entendre ce que tu dis.

Mon ami
tu es là
seul avec ta peine
-l'ignorance est bien pire que la haine-
 je voudrais que les mots l'apaisent
ces mots du coeur
ces mots de rien

C'est pour cela
que j'écris. 

dimanche 17 janvier 2016

Echoes

In the flat lands
where the river goes
a song echoes 
I know not whence
but the heart knows.

Birrell Walsh

mercredi 13 janvier 2016

Ce corps

Ce corps
ce corps qui te fût donné
tu es né avec lui
tu ne sais pas pourquoi
tu ne l'as pas choisi,
quand tu souffres
c'est par lui
qui ne peut t'amener
là où tu veux aller,
oh ce corps qui te pèse
tu voudrais tant 
qu'il soit plus léger 

Ce corps handicapé
qui depuis ta naissance
te refuse
obéissance
et tes rêves sont 
inachevés

Ce corps malade
sa douleur te tourmente
tu ne peux plus t'émerveiller

Ce corps blessé
gisant
sur un lit d'hopital
que l'on ne sait pas réparer
auquel tu te sens
maintenant condamné

Ce corps mourant
-tu voulais le quitter-
mais on t'a rappelé,
à des tuyaux
désormais
tu vis branché 

Ce corps qu'un autre
vient s'approprier
ce corps exploité,
ce corps violé,
ce corps torturé

Oui ce corps 
dont tu voudrais tant
n'être plus prisonnier