lundi 19 juin 2017

Ce que l'on croyait vrai

Alors que la mort
la mort me hantait
que le chagrin
m'engloutissait
sur mon chemin
je t'ai rencontré
toi
le grand arbre

Ton haut feuillage
doucement penché
me protégeait
de leurs rayons cruels
qui m'anéantissaient

Sur ton tronc rugueux
j'ai passé mes mains
et puis
je l'ai étreint

O dis-moi
toi qui est là
depuis si longtemps
dis-moi les célestes secrets
de cette terre où nous voisinons

Dis-moi
dis-moi
comment vivre humain
comment tenir debout
comme tu le fais si bien
quand le feu s'est éteint
de ce qu'on croyait vrai
et qui ne l'était point


vendredi 2 juin 2017

Je te cherchais

Je te cherchais

Je te cherchais
tranquillité
présence
simple joie de l'existence

Je te cherchais
et parfois
je te trouvais

Et puis soudain
souffrance

Seulement
souffrance

De l'ouverture à l'essentiel
-ce doux soleil-
plus rien

Les mots qui la disaient étaient vains
Les images qui la représentaient
n'en révélaient plus rien
Et le ciel lui-même
n'était que béance

Béance
blanche
Dure
béance
où la blessure
restait sans soin

J'étais partie

J'étais partie dans un champ de roses
qui avaient dépéri

Pourquoi ?
Quelle en est la cause ?

La terre
sans doutes
une terre desséchée
qui ne les avait pas nourries

Et le ciel les a accueillies

Et ce champ maintenant désolé
il me faut le quitter
pour trouver un autre pays
que la pluie arrose
et où la terre s'épanouit

Et où les champs
réjouis
donnent naissance
à de vivantes roses
sous un ciel
ravi


vendredi 28 avril 2017

Où vas-tu ?

Où vas-tu
si transi ?

Tu es perdu
dans la nuit

Là où les anges
ne viennent pas

C'est étrange
mais c'est pour ça
qu'elle était là.

O vois briller
les étincelles de la vie

Même si
elle n'est plus celle
qui la nourrit

Là où tu es
le ciel
en est empli

A tes jours
ne dis pas adieu

Car son amour
son amour est en eux.

                                                                                                                               A mon père, malgré tout

dimanche 16 avril 2017

Cette douleur

Cette douleur
cette douleur-là
pure
douleur
je vous le jure
sans pareille

Jamais
tu n'aurais
cru
qu'elle pût
être là
qu'il en soit
de telles

Qu'elle soit

Sans raison
sans pourquoi
sans mérite et sans tort
et même pas
punition divine
sans loi
sans foi

Comme si
au tréfond
de soi
il n'y avait qu'elle
il n'y avait
que ça

Sans secours
sans recours
sans consolation
qui paraît
éternelle
que n'éloigne aucun protecteur
que n'apaise aucun effort
pour
ou contre elle
et pas même la mort

Bonheur
éteint
amour
vain
dans leur profondeur
essentielle

Et le soleil
n'éclaire qu'elle

Destruction
intemporelle
juste ça
juste elle
dans le corps
dans le cœur

Cette douleur
quelle
est-elle ?



mardi 13 décembre 2016

Le piano

Et le piano
de ma tristesse
joue,
joue
tes airs préférés

Il les joue
et rejoue sans cesses
afin que s'oublie
ta détresse,
que s'efface
ta faiblesse
insensée
dans les virtuoses prouesses
de tes mains
sur les touches ivoirées,
cela que tu faisais
si bien

Et que de piano en forte
se retrouve
leur allégresse,
et que revive en moi
la déesse
dont je suis née



jeudi 17 novembre 2016

Le tyran

Ce
pouvoir
qu'il a
sur toi
le tyran
il ne l'a
que
parce que
tu le lui
donnes

Et en
le lui donnant
tu te sens
quelqu'un

Tu crois
que
tu fais
bien
que
ta force l'étonne
que
ton amour le désarçonne

Mais
un tyran
n'aime
jamais
que
lui-même

Pour lui
tu n'es
personne

Ce que
tu fais
pour lui
il croit
que
tu le lui
dois

Tu n'es
que
ce qu'il veut
que
tu sois

Et si
tu t'en vas
tu l'abandonnes
alors
il n'est
plus rien

Pour lui
c'est comme
si
il était mort







mercredi 2 novembre 2016

Tu veux

Tu veux que je parle du bonheur.
Pire encore, tu l'exiges.

Chez toi
seule la joie est autorisée.

Mais comment parler du bonheur
quand la souffrance l'a emporté,
quand c'est le mal qui a gagné,
quand ne demeure
que la désolation
qu'il a laissée.

Alors je t'en prie
laisse
laisse donc mes pleurs
le laver.

Aucun bonheur n'est
obligé.