lundi 16 octobre 2017

Cela que tu vois

Cela
que
tu vois
en toi
que
ton corps
te rappelle
sans
ménagement
c'est
ce que
tu as
déjà
vécu

Ce que
tu vivras
tu ne sais
ce que c'est
ce que
cela 
sera

Mais
cette paix
celle
que
parfois
tu as connue
cette paix nue
ce bijou
cette paix
sans
nul doute
sans rien
dessous
ce bien
qui ne coûte
rien
cette paix
éternelle
que
tu veux
par-dessus
tout
ici
et en tout
lieu

Cette paix
quoiqu'il en soit
tu
la porte
en toi
le jour
et la nuit
que tu sois
en vie
ou
que tu sois
morte
même si
tu
ne la vois
pas
tu
ne la connais
plus

Elle est
tapie
derrière
la porte
de ton cœur
sous
les œillères
de ta peur
alors
n'oublie pas
qu'elle
est toujours
aujourd'hui
qu'elle sera
demain
comme jadis
elle fût


jeudi 28 septembre 2017

Publication




Très honorée de voir l'un de mes poèmes publié dans cette revue...






mardi 12 septembre 2017

Une vie possible

J'ai cherché.

J'ai cherché une vie possible.

C'est-à-dire,
la douceur.

Une ouverture
au faisceau de la douceur
dans ce lieu de non-vie
imprégné des vapeurs empoisonnées
d'une mort omniprésente.

C'est-à-dire,
la désespérance.

Celle que diffusent les êtres qui s'en nourrissent
quand
au lieu d'aimer la joie,
ils ne vivent que pour l'anéantir.

J'ai cherché.

J'ai cherché une vie possible.

Mais quand
-dans la clarté de la veille-
le sourire de la douceur pointait enfin,
le sommeil me livrait à nouveau
à ce mal pernicieux.

Et le matin,
il avait étouffé la vie qui s'était annoncée,
preuves à l'appui de son inexistence,
puisque que la joie m'avait quittée.

J'ai cherché.

J'ai cherché une vie possible.

C'était il y a très longtemps,
au commencement de mes jours,
quand cette douceur
-c'est-à-dire,
l'éternité-
ne peut être connue qu'à travers l'enveloppante présence
d'un autre corps.

Et qu'au lieu de la vie,
dans le mien,
il avait été fait violence.

C'était il y a très longtemps,
mais aujourd'hui,
mon corps était toujours ce corps tétanisé,
vidé de toute présence,
impuissant,
recroquevillé dans l'attente.

Et qui cherche encore.

Qui cherche encore
une vie possible.

Que la douceur advienne
en ce lieu déserté.



lundi 28 août 2017

Tu aimais

Tu aimais.

Tu aimais
ce jardin-là
et tu l'honorais
des fleurs que tu y plantais

Tu aimais
cet homme-là
celui que tu avais choisi
pour partager ta vie

Tu aimais
cet enfant-là
né de toi
et l'avenir qui lui était promis

Tu aimais
marcher, parler, toucher, regarder

Et puis
ce jardin
cet homme
cet enfant
tu les as perdus

Et puis
marcher
parler
toucher
regarder
tu n'as plus pu

Pourquoi ?
On ne le sait pas

Et moi
maintenant
je sais
que ceux j'aime
un jour
je les perdrai,
que ce que j'aime
un jour
je ne le pourrai plus

Alors
comment aimer
désormais ?

Pour toi

Pour toi
ma mère
j'ai fait
tout ce que je pouvais

Pour toi
ma fille
j'ai fait
tout ce qu'il fallait

Mais une fille
ne peut
faire pour sa mère
ce que la vie fait

Mais une mère
ne peut
faire tout ce qu'elle voudrait
pour sa fille

Car ta vie
ma mère
est à Dieu

Car ma fille
tu n'es pas à moi
c'est à la vie
que tu es

Oui
mais aussi
il ne faut pas que je l'oublie
qu'à moi aussi
a été donnée une vie
et que je dois
aussi
vivre pour moi


samedi 29 juillet 2017

Là où ne pas aller

Quand sur toi
le souvenir tombe
de ces heures sombres
d'un temps passé,
ne va pas
du côté des ombres
par lesquelles
tes élans furent brisés
et ton destin
abîmé.

Tourne-toi
vers cette présence
qui ne t'a pas oubliée,
et qui jamais ne ment,
ni ne se trompe,
et qui sait
en son cœur immense
ce qu'est la vie
en son essence,
la véritable bonté.

samedi 15 juillet 2017

Souvenir d'une absence

La réalité de ton absence
ici-bas
aujourd'hui
me ramène à celle de l'enfance
quand je t'appelais
et que tu n'étais pas là

Et le vide de ta présence incarnée
me renvoie
au vide de la présence
en moi
quand j'avais besoin de toi
pour être là

S'il est douloureux de perdre
ce que l'on a connu
perdre ce qui jamais ne fût
l'est encore plus