lundi 19 février 2018

Sans pitié

Quand les larmes coulent
qui viennent noyer
ton bonheur
la divinité
alors
se fait douceur

Ses bras s'ouvrent à ta douleur
apaisant ton cœur

Quand la colère gronde
qui vient broyer
ta tranquillité
la divinité
alors
se fait tendresse

Ses bras s'ouvrent à ta terreur
embrassant ta fragilité

Quand l'épuisement guette
qui vient assécher
ce que tu peux donner
la divinité
alors
se fait chaleur

Ses bras s'ouvrent à ta détresse
réveillant ce que tu es

Mais quand ce geste est commis
qui se sert
de l'autre pour lui
qui s'approprie la vie
la divinité
alors
est sans pitié

Elle détruit
celui qui l'accomplit

C'est pourquoi
on ne doit pas
le laisser faire




jeudi 8 février 2018

Immortel

Dans le temps
de ton absence
ici-bas,
le temps
de ta présence
au-delà des apparences,
j'entends ta voix.

Une voix silencieuse
et claire
et soyeuse,
une voix de velours,
cette voix
qui hier
ne pouvait que se taire.

Et ce corps
que je perçois
quoique je ne le voie pas,
ce corps que tu es maintenant,
purement,
il était déjà tien
avant.

Essentiellement.

Corps immortel
étoile éternelle,
pour lui
passer de l'autre côté
du voile
de la mort
n'est rien.

Il le fait
quand cela est bien.

Et si nous savions
chacun
reconnaître le sien,
alors
quand cette vie
nous appelle encore
à faire ce pour quoi nous somme nés,
de ce qui la détruit
nous guéririons.


Une porte

Si le soleil se noircit
des écumes de l'âme

Si les amarres se rompent
en chavirant l'amour

Si la danse s'arrête
quand le violon se meurt

Si le brouillard s'allonge
sur le banc des désirs

Si les promesses se noient
dans le flot de l'oubli

Si l'amitié se distend
décousue par l'absence

Si le corps se fendille
sous la bourrasque du temps

Si la vie se meurt
par manque de présence

Peut-être faut-il frapper
à la porte du bonheur.

                            Philippe Derckel
                                         


dimanche 19 novembre 2017

Parle-moi

Parle-moi

Parle-moi
je t'en prie

Parle-moi de l'amour

De cet amour
qui est là
quand j'aime celui-ci
quand j'aime celle-là
parce qu'il est
ce qu'il est
parce qu'elle est
ce qu'elle est

Et pas pour
ce que je lui dois

De cet amour
parle-moi

Cet amour
qui se fait jour
quel que soit
quelle que soit
celui ou celle
que j'aime

Et pas
parce qu'il est
parce qu'elle est
comme ceci
ou comme cela

Parle-moi
de cet amour-là

De cet amour
qui m'appelle
à son chevet
quand il est
quand elle est 
dans la peine
qui
qu'il soit
qui
qu'elle soit
au chevet de celui
de celle
que j'aime
même si
je ne le
je ne la 
connaît pas

Et pas
parce que je le dois

Parle-moi

Parle-moi
je t'en prie
de cet amour-là

Car quand
tu m'en parles
je le reçois




lundi 16 octobre 2017

Cela que tu vois

Cela
que
tu vois
en toi
que
ton corps
te rappelle
sans
ménagement
c'est
ce que
tu as
déjà
vécu

Ce que
tu vivras
tu ne sais
ce que c'est
ce que
cela 
sera

Mais
cette paix
celle
que
parfois
tu as connue
cette paix nue
ce bijou
cette paix
sans
nul doute
sans rien
dessous
ce bien
qui ne coûte
rien
cette paix
éternelle
que
tu veux
par-dessus
tout
ici
et en tout
lieu

Cette paix
quoiqu'il en soit
tu
la porte
en toi
le jour
et la nuit
que tu sois
en vie
ou
que tu sois
morte
même si
tu
ne la vois
pas
tu
ne la connais
plus

Elle est
tapie
derrière
la porte
de ton cœur
sous
les œillères
de ta peur
alors
n'oublie pas
qu'elle
est toujours
là
aujourd'hui
qu'elle sera
demain
comme jadis
elle fût


jeudi 28 septembre 2017

Publication




Très honorée de voir l'un de mes poèmes publié dans cette revue...






mardi 12 septembre 2017

Une vie possible

J'ai cherché.

J'ai cherché une vie possible.

C'est-à-dire,
la douceur.

Une ouverture
au faisceau de la douceur
dans ce lieu de non-vie
imprégné des vapeurs empoisonnées
d'une mort omniprésente.

C'est-à-dire,
la désespérance.

Celle que diffusent les êtres qui s'en nourrissent
quand
au lieu d'aimer la joie,
ils ne vivent que pour l'anéantir.

J'ai cherché.

J'ai cherché une vie possible.

Mais quand
-dans la clarté de la veille-
le sourire de la douceur pointait enfin,
le sommeil me livrait à nouveau
à ce mal pernicieux.

Et le matin,
il avait étouffé la vie qui s'était annoncée,
preuves à l'appui de son inexistence,
puisque que la joie m'avait quittée.

J'ai cherché.

J'ai cherché une vie possible.

C'était il y a très longtemps,
au commencement de mes jours,
quand cette douceur
-c'est-à-dire,
l'éternité-
ne peut être connue qu'à travers l'enveloppante présence
d'un autre corps.

Et qu'au lieu de la vie,
dans le mien,
il avait été fait violence.

C'était il y a très longtemps,
mais aujourd'hui,
mon corps était toujours ce corps tétanisé,
vidé de toute présence,
impuissant,
recroquevillé dans l'attente.

Et qui cherche encore.

Qui cherche encore
une vie possible.

Que la douceur advienne
en ce lieu déserté.