La danse souple des moucherons
qui sautillent lentement
en harmonie
dans la chaleur dense
de cet espace mystérieusement portant
simplement parce que c'est ce qu'ils font
sans y penser
merveilleusement
me rappelle
que la vie est donnée
sans contrepartie
qu'elle n'est pas à gagner
ni les talents reçus
à défendre
et que donner un prix
à la beauté
l'évaluer
la vendre
c'est anihiler leur sens
leur pourquoi et leur pour quoi
samedi 21 avril 2018
mardi 17 avril 2018
L'enfant
L'enfant
en toi
n'est pas mort
en toi
n'est pas mort
Le sais-tu ?
Ton corps
porte en lui
la réminiscence
de ce qu'il fût
Tu l'avais oublié,
tu faisais comme si
il n'avait pas été
Comme si
il avait tort
d'être né,
d'avoir vécu
ce temps
parfois béni
parfois maudit,
pourtant
aimé malgré tout
Comme si
il aurait dû
ne pas être
ce qu'il était,
être un autre
que nul
ne haïrait
de poser sa tête
sur les genoux
de celle qui avait voulu
qu'il naisse,
qu'il fût,
que la vie ne cesse,
un autre dont nul
ne serait jaloux
Pourquoi
pourquoi souffrir
du souvenir,
ne pas laisser
l'enfant grandir,
ne pas garder en toi
celle qui le rassurait
et laisser la vie
advenir,
laisser s'épanouir
son arborescence ?
laisser s'épanouir
son arborescence ?
mercredi 21 février 2018
C'était...
C'était.
C'était mort.
C'était mort
là
quelque part en toi.
C'était mort
non pas
parce que c'était arrivé à sa fin.
Ce n'était pas
mort
parce qu'on l'avait tué.
C'était mort
parce que cela
n'était pas encore né.
Ca n'avait pas pu naître
parce que la porte lui était fermée.
Et c'était resté
dans les limbes
d'une vie impossible.
Et puis soudain
le verrou est tombé.
Alors ça c'est révélé.
Souffle, souffle,
réchauffe-le
que cela palpite
que cela naisse
que cela vive enfin !
lundi 19 février 2018
Sans pitié
Quand les larmes coulent
qui viennent noyer
ton bonheur
la divinité
alors
se fait douceur
qui viennent noyer
ton bonheur
la divinité
alors
se fait douceur
Ses bras s'ouvrent à ta douleur
apaisant ton cœur
Quand la colère gronde
qui vient broyer
ta tranquillité
la divinité
alors
se fait tendresse
Ses bras s'ouvrent à ta terreur
embrassant ta fragilité
Quand l'épuisement guette
qui vient assécher
ce que tu peux donner
la divinité
alors
se fait chaleur
Ses bras s'ouvrent à ta détresse
réveillant ce que tu es
Mais quand ce geste est commis
qui se sert
de l'autre pour lui
qui s'approprie la vie
la divinité
alors
est sans pitié
Elle détruit
celui qui l'accomplit
C'est pourquoi
on ne doit pas
le laisser faire
jeudi 8 février 2018
Immortel
Dans le temps
de ton absence
ici-bas,
le temps
de ta présence
au-delà des apparences,
j'entends ta voix.
Une voix silencieuse
et claire
et soyeuse,
une voix de velours,
cette voix
qui hier
ne pouvait que se taire.
Et ce corps
que je perçois
quoique je ne le voie pas,
ce corps que tu es maintenant,
purement,
il était déjà tien
avant.
Essentiellement.
Corps immortel
étoile éternelle,
pour lui
passer de l'autre côté
du voile
de la mort
n'est rien.
Il le fait
quand cela est bien.
Et si nous savions
chacun
reconnaître le sien,
alors
quand cette vie
nous appelle encore
à faire ce pour quoi nous somme nés,
de ce qui la détruit
nous guéririons.
Une porte
Si le soleil se noircit
des écumes de l'âme
des écumes de l'âme
Si les amarres se rompent
en chavirant l'amour
Si la danse s'arrête
quand le violon se meurt
Si le brouillard s'allonge
sur le banc des désirs
Si les promesses se noient
dans le flot de l'oubli
Si l'amitié se distend
décousue par l'absence
Si le corps se fendille
sous la bourrasque du temps
Si la vie se meurt
par manque de présence
Peut-être faut-il frapper
à la porte du bonheur.
Philippe Derckel
dimanche 19 novembre 2017
Parle-moi
Parle-moi
Parle-moi
je t'en prie
Parle-moi de l'amour
De cet amour
qui est là
quand j'aime celui-ci
quand j'aime celle-là
parce qu'il est
ce qu'il est
parce qu'elle est
ce qu'elle est
Et pas pour
ce que je lui dois
De cet amour
parle-moi
Cet amour
qui se fait jour
quel que soit
quelle que soit
celui ou celle
que j'aime
Et pas
parce qu'il est
parce qu'elle est
comme ceci
ou comme cela
Parle-moi
de cet amour-là
De cet amour
qui m'appelle
à son chevet
quand il est
quand elle est
dans la peine
qui
qu'il soit
qui
qu'elle soit
au chevet de celui
de celle
que j'aime
même si
je ne le
je ne la
connaît pas
Et pas
parce que je le dois
Parle-moi
Parle-moi
je t'en prie
de cet amour-là
Car quand
tu m'en parles
je le reçois
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