Quand finalement
je cesse
de vouloir le savoir
le pourquoi de la souffrance
Quand ma question je l'adresse
à plus grand que l'humain
que je la remets
en d'autres mains
Que la réponse
à elle aussi
j'y renonce
je la lui laisse
Et bien
ainsi
sans le chercher
juste en lâchant
le désir d'une science
le soulagement vient
Et dans ce silence
une soudaine clairvoyance
que je n'attendais point
C'est étonnant
dimanche 19 janvier 2020
samedi 11 janvier 2020
Faire silence
Face aux pensées qui nous assaillent
Aux éboulis d'émotions
Faire silence
Devant les trop-pleins d'arrogance
Dans les tourments de nos courroux
Faire silence
Dans les fossés où la démence
Parcourt ce monde en dissonance
Faire silence
Devant la beauté du zénith
Intuition d'une clairvoyance
Faire silence
Aux côtés de l'être adoré
Nourri de cette connivence
Faire silence
Dans la nef d'une cathédrale
Dont les vitraux au soir s'animent
Faire silence
Au chevet d'un ami défunt
Recueilli dans la souvenance
Faire silence
Assis à l'ombre d'un tilleul
Tout recueilli dans sa présence
Faire silence
Faire silence
Et habiter ce silence
D'une paix tout en nuances.
Kim Waag
dimanche 5 janvier 2020
Clair obscur
Il fait nuit
Il fait nuit en toi
Tu regardes la nuit
et seule la nuit est là
Et plus tu la regardes
plus elle s'obscurcit
Et tu ne sais plus quoi
et tu ne sais plus qui
Mais ce n'est qu'un mirage
Car la nuit la plus opaque
oui
a toujours un visage
Devient la nuit
et tu le verras !
Il fait nuit en toi
Tu regardes la nuit
et seule la nuit est là
Et plus tu la regardes
plus elle s'obscurcit
Et tu ne sais plus quoi
et tu ne sais plus qui
Mais ce n'est qu'un mirage
Car la nuit la plus opaque
oui
a toujours un visage
Devient la nuit
et tu le verras !
jeudi 2 janvier 2020
Noël
Cet être-là
qui vient au monde
Cet être-là
qui grandit
mûrit
vieillit
s'épanouit
puis s'évanouit
dans l'autre monde
Cet être-là
qui vit
qui donc s'en soucie ?
Cet être-là
c'est toi
c'est moi
c'est lui
Et on le crucifie
il meurt sous les bombes
ou alors
on creuse lentement sa tombe
en exigeant de lui
ce qu'il ne peut
ou encore
on dit
que c'est lui qui le veut
Ce n'est pas mieux
Car si
dans cet être-là
on ne se reconnaît pas
-n'y en aurait-il qu'un seul
à porter ce linceul-
en sommes
je suis seul
tu es seul
il est seul
nous sommes
seuls au monde
aussi nombreux qu'on soit
tous autant que nous sommes
qui vient au monde
Cet être-là
qui grandit
mûrit
vieillit
s'épanouit
puis s'évanouit
dans l'autre monde
Cet être-là
qui vit
qui donc s'en soucie ?
Cet être-là
c'est toi
c'est moi
c'est lui
Et on le crucifie
il meurt sous les bombes
ou alors
on creuse lentement sa tombe
en exigeant de lui
ce qu'il ne peut
ou encore
on dit
que c'est lui qui le veut
Ce n'est pas mieux
Car si
dans cet être-là
on ne se reconnaît pas
-n'y en aurait-il qu'un seul
à porter ce linceul-
en sommes
je suis seul
tu es seul
il est seul
nous sommes
seuls au monde
aussi nombreux qu'on soit
tous autant que nous sommes
vendredi 27 décembre 2019
Pieds et poings déliés
Pieds et poings liés
C'est ainsi que nous sommes
chaque fois que le mal se fait
mais
ne se nomme
Quand la bonté se croit acquise
que la souffrance lui est soumise
comme un méfait
D'abord
par les mots délier
les poings et les pieds
Alors
surgira la bonté
guérie du silence
qui la ligotait
dans notre impuissance
C'est ainsi que nous sommes
chaque fois que le mal se fait
mais
ne se nomme
Quand la bonté se croit acquise
que la souffrance lui est soumise
comme un méfait
D'abord
par les mots délier
les poings et les pieds
Alors
surgira la bonté
guérie du silence
qui la ligotait
dans notre impuissance
jeudi 12 décembre 2019
Cela n'est pas
Non ce n'est pas le soir
qui
lentement advient
la lune qui doucement
illumine
le souvenir du matin
la nuit qui tendrement dépose
son baume de langueur
sur la blessure du jour
la vague d'un infini amour
qui tranquillement
se déroule
la vie qui va vers sa fin
et son recommencement
vers un ailleurs
vers ce qui vient
qui fait lien
entre aujourd'hui
et demain
entre ce qui se perd
et ce qui tient
entre l'éternité
et ce qui point
le temps d'une espérance
qui jamais
ne s'éteint
C'est juste le contraire
c'est l’œil froid du fusil
sur la nuque
de celui qu'on exécute
l'étranglement de la corde râpeuse
sur le cou
de celui qui se pend
la vie
brusquement capturée
sous la menace
le voile noir qui s'abat
sur
le lendemain
la nausée qui prend sa place
et hier
s'efface
c'est maintenant
c'est maintenant
c'est maintenant
et puis plus rien
Non cela
ne peut se pardonner
sauf à en être complice
au fil des mots
à haute voix prononcés
au fil de la vivante vérité
de l'humaine justice
il faut le réparer
Mourir n'est pas
être tué
qui
lentement advient
la lune qui doucement
illumine
le souvenir du matin
la nuit qui tendrement dépose
son baume de langueur
sur la blessure du jour
la vague d'un infini amour
qui tranquillement
se déroule
la vie qui va vers sa fin
et son recommencement
vers un ailleurs
vers ce qui vient
qui fait lien
entre aujourd'hui
et demain
entre ce qui se perd
et ce qui tient
entre l'éternité
et ce qui point
le temps d'une espérance
qui jamais
ne s'éteint
C'est juste le contraire
c'est l’œil froid du fusil
sur la nuque
de celui qu'on exécute
l'étranglement de la corde râpeuse
sur le cou
de celui qui se pend
la vie
brusquement capturée
sous la menace
le voile noir qui s'abat
sur
le lendemain
la nausée qui prend sa place
et hier
s'efface
c'est maintenant
c'est maintenant
c'est maintenant
et puis plus rien
Non cela
ne peut se pardonner
sauf à en être complice
au fil des mots
à haute voix prononcés
au fil de la vivante vérité
de l'humaine justice
il faut le réparer
Mourir n'est pas
être tué
mercredi 27 novembre 2019
Cadeau de la terre
Ce caillou
poli par la lumière
est si doux
Je le préfère
au bijou
majestueusement offert
Par le grigou
qui détruit notre terre
pour deux sous
poli par la lumière
est si doux
Je le préfère
au bijou
majestueusement offert
Par le grigou
qui détruit notre terre
pour deux sous
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