dimanche 1 août 2021

Cachée

Tu n'étais pas
celle que je croyais
que tu étais

Tu étais celle-là
parce que tu croyais
que tu l'étais

Et celle que tu étais
n'était pas celle
que l'on trouvait belle

Elle était celle
qui ne se voyait pas telle
qui ne s'aimait pas

Et celle-là pourtant
je l'aimais tout autant
sans étincelles

Mais mon amour ne pouvait pas
faire briller pour elle
ce qui en elle était absent

Ce qu'elle avait abandonné
sans jamais y avoir renoncé
faisait écran

Puisse-t-elle
le retrouver tel quel
là où elle est maintenant

samedi 3 juillet 2021

Si...

Si 
la divinité
n'est pas dans ce monde
où ton corps
s'inscrit
alors
elle n'est nulle part

Si
la divinité 
de ne te guérit
quand tu sombres
la mort dans l'âme
alors
elle n'est qu'un hasard

Si
la divinité
ne s'incarne
contre le sort
qui sur toi s'acharne
alors
l'esprit qui l'imagine
n'est qu'un vantard

Voilà pourquoi
il faut la chercher
ici
dans le monde où tu vis
dans ton âme meurtrie
dans le sort qui te poursuit
à l'envers du décor


dimanche 30 mai 2021

Une histoire

Mon histoire
vois-tu
n'est pas celle
que j'ai cru

Ma mémoire
gardait pour elle
ce qui n'était pas tel
que je l'aurais voulu

Et puis
c'est revenu
ainsi
que cela fût

Alors je ne sais plus
ce qu'est la vie
telle quelle

Ma mémoire
mise à nu
me révèle
une histoire
qui n'est pas belle

J'en démêle
les ficelles
mais pour qui
mais pour quoi
si ce n'est pas...

Pour que toi
à ton tour
cela
tu ne le vives pas
un jour




jeudi 20 mai 2021

Publication

 Nouveau poème paru dans la revue Rose des Temps, janvier-avril 2021.

Pour en savoir plus sur l'association Parole § Poésie, qui publie cette revue, voir le site L'ouvre boîte à Poèmes http://ouvreboiteapoemes.e-monsite.com/


dimanche 16 mai 2021

Connaissez-vous l'angoisse

Ange plein de gaieté, connaissez-vous l'angoisse,
La honte, les remords, les sanglots, les ennuis,
Et les vagues terreurs de ces affreuses nuits
Qui compriment le cœur comme un papier qu'on froisse ?
Ange plein de gaieté, connaissez-vous l'angoisse ?

Charles Baudelaire


Connaissez-vous l'angoisse
ce mal dont on ne dit
jamais
que ce qu'on en pense
quand un autre le vit ?

Connaissez-vous l'angoisse
ce mal qui ne se dit
jamais
car les mots manquent
à celui qui le vit ?

Connaissez-vous l'angoisse
ce mal qui rampe
toujours
sous le non-dit
du mal commis ?

Connaissez-vous l'angoisse
ce mal qui tente
toujours
de rappeler l'infamie
de ce silence ?

Connaissez-vous l'angoisse
qui fait si mal
encore
quand le temps est passé
du mal subi ?

Connaissez-vous l'angoisse
ce mal qui vous poursuit
encore
quand la vie vous rappelle aujourd'hui
qu'hier elle vous fut ravie ?

Connaissez-vous l'angoisse
ce mal qui vous tua
un jour
en vous laissant en vie
en la tuant en vous ?

Connaissez-vous l'angoisse
l'angoisse de la nuit 
et du jour
ce mal qui est bien pis
que tout ?

Si vous le connaissez
alors vous le savez
qu'il peut être guéri
un jour
et c'est vrai

Qu'un jour vous pourrez être en paix
mais seulement si
ce mal qui vous fut fait
vous le reconnaissez
pour vrai.

samedi 24 avril 2021

Etre là

Tu étais là
mais tu étais absente
sans me dire pourquoi

Où étais-tu partie en toi ?

Que faisais-tu là-bas ?

Et moi
je cherchais à comprendre
ce que tu ne disais pas

A traduire tes silences

A le dire pour toi

Et ce que je vivais moi
je ne le savais pas
je ne le disais pas

Maintenant tu n'es plus
tu n'es plus là
et soudain te voilà
omniprésente

Tu ne t'en vas pas

Ce que maintenant tu me dis 
tu me l'as dit déjà
autrefois

Tu le répètes

Oui, je le sais déjà

Mais maintenant moi
je cherche le silence
un espace où tu ne serais pas

Où tu te tairais
pour me laisser la place
à moi

Pour laisser la place
à ce que vis
un espace pour moi

Où se traduirait ce que je vis

Où se dirait ce que je n'ai pas dit

Où ce que je vis
en silence
c'est pour moi que je le dis
pour moi que je le traduis

Pour pouvoir vivre ce que je vis
sans toi










Rêver

Sur le bord du chemin de la vie
un homme s'est endormi
Il rêve

Les passants sont surpris
il faut marcher sans trêve
C'est ainsi

Se reposer, d'accord
mais quand on sera mort
C'est écrit

Mais alors
Pourquoi donc marchez-vous
et où donc allez-vous ?