mercredi 28 janvier 2015

Les grandes choses

En ce lieu de félicité
tous les êtres
-tous-
sont rassemblés

Là où je suis
je n’y vois que ton ombre
Tu y es toi aussi
mais tu ne le sais

Le savoir est juste ce qui te manque
pour t’y retrouver

Et les questions s’enchaînent à la ronde
-comment te  l’enseigner ?
Mais je ne le sais

Je voudrais tant voir ton visage
sortir de l’obscurité

Alors j’appelle la divinité
je la gronde
pourquoi ne vient-elle pas vers toi
de l’autre côté ?

Tu es si petite
si tremblante
si hagarde
si pâle
si frêle
impuissante
elle devrait aller vers toi en premier

Et puis…
je vois que je me trompe

Ces grandes choses
-et ces petites-
que tu ne fais pas
la divinité n’y aide pas

Tu n’as pas besoin d’elle pour cela
mais elle
elle a besoin de toi
pour se manifester là où on ne la voit pas

Et en faisant ce que tu fais
dans ton ignorance
-vivre, juste vivre

maintenant
simplement
telle que tu es-
tu fais exactement ce qu’elle ferait

jeudi 15 janvier 2015

Viser la lune

"Il faut toujours viser la lune
 car même en cas d'échec,
on atterrit dans les étoiles."
 
Oscar Wilde

samedi 6 décembre 2014

Les bras en l'air

Compagnon d'infortune
mon frère
avec mes petits bras d'enfant
pour toi j'ai décroché la lune
et l'ai posée dans ton berceau
que tu ne sois pas sans lumière
terrifié
comme je le fus un peu plus tôt

Maintenant nous avons grandi
et loin de ce monde que nous avons fui
ma prouesse
ne vaut pas un clou
Décrocher la lune
pourquoi faire ?
quand il y a tant de lumière
partout

C'est pourtant tout ce que je sais faire
Là d'où je viens
c'est tout ce que j'ai appris
et je ne puis tourner la page
pour aller vers d'autres rivages
quand tant d'enfants
grandissent dans la nuit

Alors
tant pis
derrière le paravent de ma vie
pour eux je la décroche encore
les bras en l'air
le cœur de travers

Et ces mots...

Tes yeux se sont fermés
à la lumière
Ils ne voient plus que ce qui s'est arrêté
ce qui s'est cristallisé
dans la pénombre

Tes yeux ne savent plus la beauté

Et lorsque vient le jour
si bleu
si clair
ils sont tournés vers la nuit d'hier
ce temps passé sans même une seule étoile
sous la voûte des pierres accumulées
des faits de l'homme
devenus caverne
solitude égarée

Tes yeux n'aperçoivent plus
que leurs tristes décombres
et en sont aveuglés

Et ces mots
qui viennent à ma bouche
ne sont pas ceux que tu attends

Je voudrais tant qu'ils te touchent
Mais là où tu es
tu ne les entends

Alors plutôt que de me trahir
en te disant ce qu'il te plaît
Je me tais

Et tous ces mots que je ne peux dire
ne se parlent plus qu'en secret

vendredi 3 octobre 2014

Poésie et musique

Extrait du récital donné le 13 septembre 2014 à la Chapelle des Pénitents, 34660 Cournonterral

 
 
Pour en savoir (ou en entendre...) plus:

jeudi 25 septembre 2014

Urgence

Les souvenirs se pressent
à la porte
Vite, vite !
Laisse-les entrer
Et ouvre la fenêtre
Sois tranquille...
Ils ne font que passer

Les souvenirs se pressent
à la porte
Ne ferme pas à clef
Tiens-là plutôt grande ouverte
sinon
ils vont s'accumuler
et bientôt ta mémoire sera morte

Les souvenirs se pressent
à la porte
les doux
les cruels
les beaux
les laids
-ce masque dont ils sont affublés-
Surtout ne crains pas qu'ils te blessent
Hier ne fût tel
qu'aujourd'hui tu le crois

Les souvenirs se pressent
à la porte
ce temps que tu n'as pas vu passer
Ne le pleure pas
le voilà
il revient
pour que tu puisses enfin
l'habiter

Les souvenirs se pressent
à la porte
Vas-y !
Maintenant !
Ouvre-la !
Le soleil brille à la fenêtre
Ils s'en iront transfigurés

mercredi 18 juin 2014

Who

You ! Tell me then:
But who are you ?
I’ve never seen
Someone  like you

You ! Tell me then:
But who are you
Who looks at me ?
I don’t know you

You look at me
I look at you
And I don’t know
But who is who

You look at me
I look at you
And I wonder
If “who” is true

I look at you
I don’t know why
You look at me
But who am I ?

You look at me
I don’t know why
I look at you
But who am I ?

I look at you
Looking at me,
You look at me
Looking at you
We don’t know why
But who is “I” ?