samedi 17 septembre 2016

Autumn Hope

Things are growing in the morn,
in the light;
but in the night,
in the darkness, things are born.

                                 Birrell Walsh

jeudi 18 août 2016

Réparation

Tu es morte
et le vitrail inachevé de ta vie s'est brisé

J'en ramasse un par un les morceaux
où je reconnais chacun de ses motifs

Les recoller n'en réparerait pas l'intime blessure

Pour cela
il ne reste désormais plus qu'à en appeler au souffle éternel
dont elle est née

dimanche 7 août 2016

Dors, dors

Dors,
dors
ma petite mère,
ton flambeau
ne s'est pas éteint,
entre les cieux
et la terre
je le vois
-quelle splendeur !-
bien au-delà
des yeux

Et surtout
ne crains pas
d'aller toujours
plus loin
sans détours
dans ce profond sommeil
jusqu'au bout
de la mort,
son cœur
est là
-quelle chaleur !-
si parfait,
il n'y a rien
de mieux

Et à jamais
il veille

dimanche 15 mai 2016

Patience

Dans l'espace
infini
du moment,
ce silence,
j'attends

Je suis
face
à la souffrance
et j'attends

J'attends
qu'elle se défasse,
j'attends
son dénouement

Et que cessent
les hurlements
de ce corps
en détresse

Ce corps
tordu
dans la transe
cruelle
des éléments

Ce corps
mortel
qui
ne peut pas
encore,
qui ne sait pas
comment

Ce corps
éperdu 
de non sens,
qui ne se sent
fondu
en lui

dimanche 24 avril 2016

A chacune

Ce fardeau-là
que je portais

pour toi
c'était

le tien

Je te le rends
le voilà
prends-en
grand soin
que je puisse enfin
donner tout son poids
au mien

A ce beau
destin
qui m'attend
depuis
si longtemps

Et que chacune
lestée du sien
jamais plus
ne s'envole
vers des contrées
illusoires,

ne caracole
en de vains
déboires,
ne saute plus
à l'eau

pour rien

Et marche droit
sans crainte aucune

et sans rancune
sur son chemin
parfois tout près

parfois très loin
mais
sans se séparer
jamais


Ton cœur
dans mon cœur
et le mien
dans le tien
qui
tu le sais toi aussi
ne sont qu'un


Et voilà
que tu pleures
O ma chérie !
Ce cœur
qui bat soudain
très fort
et qui supplie
-Dis-moi
dis-moi que ce n'est pas fini-
ce cœur-là
n'est qu'un leurre

Mon amour !
Ce n'est que du bonheur !
Aujourd'hui
est le plus beau
des jours

Car le vois-tu ?
Ce qu'aujourd'hui
tu pleures
n'est pas
ce qui fût
et qui
a disparu
mais bien
la fin
de ce fol
esprit
qui veut
que tu demeures
comme ses yeux
t'ont vue

Qui s'affole
et fuit
quand il s'aperçoit
que tu n'es pas telle
que tu n'es pas celle
qu'il croit,
que tu n'es pas lui

Qui a peur
d'être perdu
qui craint
que la mort
ne le tue,
qui ne connaît
l'infini
qui ne connaît
ce que tu es


Et qui oublie,
qui oublie l'essentiel,
ce qui fait
le sel
de la vie

Alors
comme je le sais
par cœur
que parfois
oui
durant
un bref instant
je le vis,
je te le dis

Et maintenant
tu souris

 

jeudi 21 avril 2016

Je ne croirai jamais

Je ne croirai jamais
la feuille morte
tant qu'elle n'est pas morte

En le croyant, je la tuerais

Je ne croirai jamais
le mal sans remède
tant qu'on ne l'a pas soigné

En le croyant, je le laisserais gagner

Je ne croirai jamais
la liberté impossible
tant que les prisons ont des portes

En le croyant, je la perdrais

Je ne croirai jamais
l'amour épuisé
tant que je vivrai

En le croyant, je le tarirais

dimanche 3 avril 2016

Ton vrai visage

A chaque fois
que le ciel
apparaît
bleu et clair,
ton fantôme réapparaît.
Et se rappelle
le mal
qui me fut fait.

A chaque fois
que l'oiseau
prend son envol
dans la lumière,
cette douleur l'assombrit.
Alors l'oiseau s'affole
et revient au nid,
muet.

Et
posant
sur le papier
les mots de ce poème,
je crains
qu'ils ne recouvrent ta trace,
te vouant
à l'oubli

Et que ce visage défait
derrière lequel
tu te caches
devienne celui
que l'on croira avoir été
le vrai,
le visage de celle
que tu n'étais.