samedi 24 avril 2021

Etre là

Tu étais là
mais tu étais absente
sans me dire pourquoi

Où étais-tu partie en toi ?

Que faisais-tu là-bas ?

Et moi
je cherchais à comprendre
ce que tu ne disais pas

A traduire tes silences

A le dire pour toi

Et ce que je vivais moi
je ne le savais pas
je ne le disais pas

Maintenant tu n'es plus
tu n'es plus là
et soudain te voilà
omniprésente

Tu ne t'en vas pas

Ce que maintenant tu me dis 
tu me l'as dit déjà
autrefois

Tu le répètes

Oui, je le sais déjà

Mais maintenant moi
je cherche le silence
un espace où tu ne serais pas

Où tu te tairais
pour me laisser la place
à moi

Pour laisser la place
à ce que vis
un espace pour moi

Où se traduirait ce que je vis

Où se dirait ce que je n'ai pas dit

Où ce que je vis
en silence
c'est pour moi que je le dis
pour moi que je le traduis

Pour pouvoir vivre ce que je vis
sans toi










Rêver

Sur le bord du chemin de la vie
un homme s'est endormi
Il rêve

Les passants sont surpris
il faut marcher sans trêve
C'est ainsi

Se reposer, d'accord
mais quand on sera mort
C'est écrit

Mais alors
Pourquoi donc marchez-vous
et où donc allez-vous ?


dimanche 14 mars 2021

Terre effritée

Ce qui faisait la terre sur laquelle je marchais
s'effrite sous mes pieds.

Ce qui faisait le ciel vers lequel je tendais
se brouille à mon regard.

Mais voilà que la terre devient ciel
et que sa clarté dissout la brume de mes yeux.

Et je marche maintenant dans la clarté débrouillée du ciel de mon regard sur la terre effritée.


lundi 8 mars 2021

Le bateau échoué

Je dépose sur le papier les premiers mots de ce poème.

Ce sont des mots pour trouver la tendresse alors que le bateau de ma vie s'est échoué.
La trouver, plutôt que la retrouver.

Car ce qui, avant, portait le nom de tendresse, n'était rien d'autre que son décalque.

Cette douceur dont l'humanité affuble ses élans mortels.
Cette douceur qui déguise ses sourdes lâchetés.
Cette douceur qui se dissout dans le sommeil, comme un glaçon dans un verre d'eau.

N'en reste plus, à la surface, que les scories.
Et, tout au fond, l'absence de la tendresse se révèle.

Pourtant, je peux la nommer.

Et puisque je connais son nom, n'est-ce pas qu'elle est là, en creux, dans le manque que j'ai d'elle ?

Sous le sceau de mon impuissance à faire cesser le mal.
En filigrane de ces prières que je continue pourtant d'adresser au ciel.
Sur l'envers du silence qui seul leur répond.
Là où jamais mon cœur n'a regardé.
Au dedans de lui-même.

En deçà de l'amour.

Je dépose sur le papier les mots de ce poème, qui surviennent sans crier gare, si différents de ceux que je croyais porter en moi.

Des mots bien plus rugueux que ceux dont j'aurais voulu être le porte-voix.

Des mots témoins de la souffrance bouillonnant dans l'étrave du bateau tandis que, sans y prendre garde, je regardais vers l'horizon.

Des mots qui la ravivent quand ils sont prononcés à voix haute, comme une main posée sur un corps blessé, mais qui la nourrissent quand ils sont tus, comme des feuilles sèches s'enflamment sur la braise.

Des mots pour dire cette souffrance dont la tendresse est le seul remède.

Je dépose sur le papier les derniers mots de ce poème, et soudain, je vois.
Je vois que les mots ne peuvent trouver la tendresse, mais qu'ils l'appellent.

Et la tendresse répondra.




dimanche 7 mars 2021

Nouvelle parution



Nouvelle parution dans le Recueil des Poètes du concours 2020 des Amis de Thalie.



Les Amis de Thalie
Revue Littéraire et Picturale
lesamisdethalie@hotmail.fr

dimanche 7 février 2021

Ce poème

Que ce poème
paraît vain
après ta mort
devant la grandeur
de ce lieu éternel
où tu te tiens

Puisse-t-il quand même
en cette heure
adoucir le sort
alléger le chagrin
de ceux qui t'aiment
par les mots -qui rappellent
que tu n'es pas loin.


A mon ami Christian,
qui est passé hier de l'autre côté du voile

mercredi 3 février 2021